Partir seule ou accompagnée ?

Partir seule ou accompagnée ?

A la base, je n’envisageais pas de partir seule. Mais quand on a pas d’attaches, ni d’amis prêt à sauter le pas, on est confronté à ce choix : rester ici en espérant trouver quelqu’un ou partir seule. J’ai 30 ans, de l’argent, fais mes preuves sur le marché du travail et la possibilité de demander une année sabbatique.Toutes les conditions sont réunies. C’est maintenant, je ne peux plus attendre. Je pars seule et advienne que pourra.

La décision n’a pas remporté l’adhésion de mes proches. Ils n’étaient déjà pas très à l’aise avec l’idée du tour du monde, alors le faire seule en plus, c’était le pompon.

Peut-être ont-ils raison. Peut-être que je n’ai pas les épaules pour ça. Peut-être que je devrais trouver quelqu’un pour partir avec moi.

Je dois reconnaître que moi aussi je me posais des questions. Du coup, j’ai mis une annonce pour trouver des coéquipiers sur le site du Routard et une autre dans le magazine d’ABM. J’ai eu plusieurs contacts. J’ai fais plusieurs rencontres. Mais on a beau avoir les mêmes envies et partager le même rêve, force est de constater que ce n’est pas si simple de partir avec quelqu’un qu’on ne connait pas.

Peut-être ont-ils raison. Peut-être que je n’ai pas les épaules pour ça. Peut-être que je devrais trouver quelqu’un pour partir avec moi.

Plutôt que de continuer à cogiter pendant des mois, je suis partie un long week-end seule à l’étranger. Même si le test était de courte durée, j’ai tout de même pu ressentir :

  • La solitude : quand tu arrives dans ta chambre et que tu te retrouves toute seule sur ton lit, quand tu arrives dans un bar et que tu te retrouves toute seule au comptoir, quand tu dînes au restaurant et que tu te retrouves toute seule à ta table. Parfois, on se demande vraiment ce qu’on fait là.
  • La difficulté de nouer contact avec les autres : ce n’est pas évident de se faire une place dans un groupe, de communiquer quand on ne parle pas la même langue.
  • Le stress : je ne suis personne ici, je ne connais pas ses rues, je ne connais pas cette ville, je ne peux compter que sur moi.

Mais aussi:

  • Une incroyable sensation de liberté : pour la 1ère fois de ma vie, je faisais exactement ce que je voulais, quand je le voulais. Pas de compromis, pas d’eau dans mon vin.
  • De l’euphorie aussi. Quand on est seule, tout est amplifié : les rencontres, les expériences. On laisse la place à l’imprévu. On est prête à saisir toutes les opportunités.
  • De la confiance en soi simplement parce que l’on se rend compte qu’on est capable de gérer tout ça.

Je suis revenue de mon voyage plus motivée et convaincue que jamais de mon choix. Et c’est pourquoi dans 2 mois, je pars… à 2.

Il s’avère qu’entre temps, j’ai rencontré mon futur compagnon de route. Ça n’a pas été évident de lui faire de la place dans mon projet, tellement je devais/voulais le faire seule. J’ai changé d’avis pourtant. Pour 1001 raisons tellement évidentes que les énumérer serait vous faire affront. Mais surtout parce que je ne pouvais pas faire autrement. Alors oui, je l’avoue partir à 2, ça a du bon.

En résumé, la question n’est pas de savoir s’il vaut mieux partir seule ou accompagnée mais de partir tout court.