Nos 1ers pas dans la capitale

Nos 1ers pas dans la capitale

28 décembre :

A dire vrai, l’Inde et particulièrement Delhi nous faisait peur, nous avions entendu tant de choses que nous nous étions préparés au pire. Delhi dans nos esprits était une sorte de ville hostile ambiance post fin du monde. Et nos aventures du soir n’étaient pas là pour me rassurer. En sortant de l’hôtel je m’attendais à avoir une nuée de gamins et autres mendiants s’accrochant à mes basques, pléthores de guides souhaitant me vendre un circuit organisé avec chauffeur, des milliers de pickpockets essayant de me faire les poches et des vendeurs prêts à tout pour me refourguer n’importe quoi.

C’est donc avec le mental d’une ninja que je sors de l’hôtel. Et bien non. Que dalle. Nous nous promenons dans les rues du vieux Delhi sans aucun problème, les gens sont aimables et répondent à nos questions d’orientation. C’est d’autant plus facile qu’une grande majorité comprend l’anglais. Bref la vie s’organise autour de nous et nous en profitons pour l’observer.

Le matin nous avons un rendez-vous avec Katie une anglaise qui nous a contacté sur couchsurfing. Elle vient d’arriver à Delhi et va y rester 6 mois en tant que bénévole. Nous devons la retrouver à Main Bazaar. Comme c’est très proche, nous y allons à pied et traversons pour la 1ere fois un grande avenue indienne : ici il n’y a pas de passage piétons, le trafic est intense à croire que toute l’Inde est sur la route et personne ne veut s’arrêter. Si tu veux passer, il faut te lancer et prier. En tant que novice, nous la jouons petits bras en suivant un groupe d’indiens bien plus expérimentés que nous à ce jeu là.

L’objectif du jour est d’acheter nos billets de train, nous nous rendons donc à la gare direction le bureau international de tourisme qui est aussi facile à trouver qu’une aiguille dans une botte de foin. Nous évitons au passage les fameux rabatteurs et le trouvons finalement. Victoire ! Nous y restons approximativement 3h mais grâce aux sofa installés tout le long, l’attente est moins pénible et la présence de henna et katie font que le temps passe plus vite. C’est enfin notre tour. Nous apprenons qu’il n’y a plus de train disponible pour Jaisalmer avant le 2 janvier. Nous devons changer nos plans. Nous décidons d’aller à Agra le 30, puis de passer le nouvel an à Jaipur avec Katie. On ira ensuite à Jaisalmer avec un train de nuit et enfin Jodphur. Pour le reste on verra plus tard. Henna de son côté part dans un ashram à Pune : 28 heures de train l’attendent demain… Nouvelle leçon du jour : ici ce n’est pas toi, mais l’Inde qui définit ton programme. Et ce n’est pas plus mal finalement.

Une fois notre mission accomplie, nous allons boire un chai dans un de ce fameux restaurant avec une terrasse sur le toit. La vue sur Main Bazaar est splendide. L’activité est bouillonnante. La nuit est en train de tomber, les couleurs sont intenses et le dépaysement total. Sur le chemin du retour, coupure de courant. Le vieux Delhi est plongé dans le noir, nous avançons dans une semi pénombre. C’est à ce moment que je me heurte à quelque chose de chaud et de mouvant. Une vache, puis une seconde. Bien évidemment la plus étonnée de ce contact c’est moi, les bovins eux, ne m’ont même pas remarqué.