Quand t'es dans le désert...

Quand t’es dans le désert…

4 janvier : 

Petit déjeuner au soleil avec vue sur le lac asséché où paissent les troupeaux. Comme une sensation de Out of Africa même si on est en Inde et qu’au loin ce ne sont pas des antilopes que l’on voit mais des chèvres. 1ère discussion avec Capucine qui nous raconte sa rencontre avec Pabu, sa vie ici, les difficultés de vivre dans le désert mais aussi de faire partie de la caste la plus basse, les intouchables et aussi bien sûr de leurs projets : le camp mais aussi l’école qu’ils voudraient monter, leur association pour aider les villageois, la confection de savon au lait de chamelle.

L’après-midi nous partons à la découverte des villages. En chemin, nous croisons des bergers avec une chèvre qui vient juste de mettre bas. Le petit n’a qu’1h et au-dessus les vautours tournent.

Nous nous rendons chez le potier et le tisserand. On s’essaye aux 2, mais je suis plus douée pour faire des tapis apparemment. On va prendre ensuite un chai dans la famille de Pabu, où on nous propose de l’opium : c’est légal ici. On refuse : jamais avant de manger.

Direction maintenant le temple où on assiste notamment à une bénédiction de moto : on la décore avec  une guirlande, on lui dessine le signe de ganesh (croix nazi), on colle des gâteaux dessus et puis on klaxonne plein de fois. Voilà !

Une dernière visite dans un de ces villages fantômes, quitté en une seule nuit par les brahmanes pour échapper à Salam Singh. Aujourd’hui, les intouchables investissent ses villages abandonnés et les reconstruisent. J’espère qu’en même temps, ils mettront la main sur les magots qui ont été enfouis avant de partir. Histoire de mettre un peu de beurre dans leur chappattis.

Nous finissons la journée par une balade en chameau. Objectif : admirer le coucher de soleil. Il n’y a que nous et la nuit qui tombe : c’est juste parfait.

Le soir, il fait toujours aussi froid. Mais autour du feu et avec une couverture ça va. Pabu nous propose de participer à l’élaboration des chappattis en attendant le repas. J’accepte sans hésiter. Dana m’apprends à faire la boule, la malaxer et l’étaler. Il est apparemment impressionné par ma dextérité pour obtenir une pate bien plate et lisse. Je n’ai aucun mérite, j’ai des années de bredele derrière moi !

Capucine nous offre l’apéro : de la myrrhe au lait de chamelle fabriqué par une de ses copines. C’est pas mal du tout et ça accompagne bien la tête de chèvre que l’on mange ce soir.