Princesse du désert

Princesse du désert

5 janvier : 

Nous quittons le camp aujourd’hui. Mais pas avant qu’on m’ait transformé en princesse du désert. Capucine m’a prêté une de ses robes. Les filles, elles se chargent de la mise en beauté. Pour compléter le tableau, il me faut porter une cruche d’eau. Sur la tête. Je pense à Nadine de Rothschild et à ses fameux cours de maintien. Et arrive l’espace d’un instant à écarter mes mains. Mais impossible de faire un seul pas. Bien évidemment, les filles me mettent l’affiche. N’est pas né dans le désert qui veut !

Arrivée à Jaisalmer. Nous nous rendons à un hôtel dans la citadelle recommandé par Dominique et Charlotte, 2 amies de Montauban que nous avons rencontré au camp. La chambre est bon marché et donne sur une place qui nous fait penser à celles de nos villages provençaux. Cerise sur le gâteau, elle est bon marché. Ça tombe bien, depuis le départ, nous avons un peu explosé notre budget : il faut qu’on se refasse.

Nous nous promenons dans les rues de la citadelle que le guide du routard appelle le Carcassonne du désert. Ils ont raison, ça y ressemble. Jaisalmer est une petite ville où on peut faire beaucoup de choses à pieds. C’est agréable. Ce qui l’est moins c‘est que du coup, on est invité non stop à visiter le magasin de machin, bidule et celui de truc.

Comme je dois m’acheter un sac ça tombe plutôt bien ceci dit. J’en repère un qui me plait et négocie âprement le prix. J’arrive à le faire descendre de 600 à 350 rupees. Je me rendrai compte plus tard qu’il est vendu à 150 dans un autre magasin… C’est le jeu, ma pauvre Lucette.

Après nos emplettes, direction le jain temple mais nous découvrons qu’il est fermé au public l’après-midi. Du coup, on se rabat sur le Salam Singh Haveli. Voici une des visites les plus intéressantes que l’on ait pu faire depuis notre arrivée. Notre guide Rajit nous apprend énormément de choses que nous n’aurions jamais pu découvrir tout seuls. Grosso modo, le haveli est un gigantesque lego. Vu que dans le désert il n’y a pas d’eau pour faire du mortier, ils ont trouvé un autre moyen pour construire ses incroyables demeures : imbriquer les pierres les unes dans les autres. Les décorations en pierre quant à elles sont vissables et donc dévissables. Les portes sont basses pour obliger celui qui entre à baisser la tête afin qu’on puisse la lui couper. Les escaliers sont irréguliers pour faire tomber l’ennemi lorsqu’il essaye en pleine nuit de prendre possession de l’haveli. Bref, tout a vraiment été bien pensé : chapeau bas les mecs !