Les demoiselles de Jodhpur

Les demoiselles de Jodhpur

9 janvier :

On se réveille encore une fois sous un grand soleil. C’est normal puisqu’on est dans la sun city (la ville du soleil).

Sur les conseils de plusieurs indiens, nous nous rendons au Umaid Public Garden. Arrivés au parc, nous sommes assaillis par des hordes de femmes, enfants, adolescents.  Ils veulent tous nous dire bonjour, nous serrer la main, nous prendre en photo. On frôle l’émeute. Bref, on est des stars.

Durant notre visite, nous faisons la connaissance de Shyna et Muskan, 2 belles sœurs de 19 et 20 ans. Nous leur demandons pourquoi nous suscitons tant de réactions, elle nous explique que les indiens voyagent peu en dehors de leurs frontières (pour des raisons évidentes de coût mais aussi par rapport à la langue). Du coup, ils n’ont pas l’habitude de voir des gens différents et saisissent la moindre occasion pour les rencontrer et leur parler. « Vous n’êtes pas comme ça en France avec les étrangers ?» me demande-t-elle. Je lui réponds que non. Elle est étonnée et moi j’ai soudain un peu honte de notre manque d’intérêt national.

Nous profitons de notre balade pour visiter le zoo qui se trouve dans le parc. Il n’y a pas beaucoup d’animaux. Muskan nous expliquent que beaucoup sont morts. Quand il y en a, ils dorment où ils tournent en ronds comme les fauves en cage qu’ils sont.

A l’issue de la visite, Shyna et Muskan nous invitent à passer chez elles le soir. Nous acceptons avec plaisir, trop curieux de découvrir la vie d’une famille indienne. Mais avant nous avons notre cours de cuisine.

Nous faisons la cuisine au feu, dans la cuisine familiale de Fili installés à même le sol. Tout est cadencé, tout doit être mis dans un ordre précis. Pendant 2h nous apprenons  à faire un dal makhni sorte de soupe de lentilles, des légumes masala, du riz byriani et des puris. Tout est très bon et… épicé. Mais nos palais commencent à s’habituer.

Fili nous explique que c’est acceptable  pour un homme de faire la cuisine à condition que ce soit un travail. Sinon, ce sont les femmes qui font la cuisine ici. D’où son insistance pour que je retienne bien tout à la lettre.

Nous nous rendons ensuite comme promis chez les filles. Elles habitent un quartier résidentiel. Sur le papier où elles ont noté leur adresse, nous n’avons qu’un nom de rue. Pour trouver leur maison, il faut demander aux passants s’ils les connaissent. C’est le cas. Lucky nous !

Nous sommes accueillis comme des rois. On nous sert des pâtisseries et du thé à profusion. Et on nous couvre de cadeaux (bijoux, vêtements) qu’on tente en vain de refuser. C’est trop ! Mais Shyna insiste fermement. Nous acceptons. En retour je lui offre mon bracelet et mes boucles d’oreilles. J’avais rien d’autre à donner…

Nous regardons ensuite le film de mariage de Muskan et Shandar. Ils se sont mariés il y a 2 mois après s’être fréquenté chastement près de 2 ans. Contrairement à beaucoup de mariages ici, celui-ci n’est pas arrangé et ça se sent dans leur manière de se regarder.

Tout commence dans la maison de la mariée. Chaque invité offre une pâtisserie aux époux qu’ils doivent la déguster sur le champ. A leur mariage, ils étaient près de 200 : bonjour la crise de foie. Puis on emmène la mariée dans la maison de sa belle-famille. C’est ici qu’elle habitera désormais avec les parents, grands-parents, frères, sœurs  de son mari.

Focus sur ses cadeaux de mariage offert par les parents de la mariée : on y trouve la parfaite panoplie de la femme au foyer c’est-à-dire casseroles, machine à laver, fer à repasser mais aussi TV et ventilateur.

Focus sur la robe de mariée offerte par sa belle-mère : elle est rouge (et magnifique) comme le veut la tradition et pèse apparemment une tonne. « Elle a coûté plus de 10 000 rupees », nous dit-elle fièrement. C’est le montant de nos billets d’avion pour Goa… On considérera donc le vol de demain sera nuptial.