Pyin oo lwin

27 février : 

Nous arrivons en Birmanie à reculons. Au sens figuré, bien évidemment. A dire vrai, si nous n’avions pas dépensé autant d’argent pour venir ici entre le visa, les vols, le change, j’aurai été tentée d’annuler. C’est vrai quoi tout a l’air si compliqué ici !!! Les dollars parfaits, le manque d’hôtels, les tarifs exorbitants , les endroits interdits aux étrangers, la logistique et aussi la chaleur…

Au sortir de l’avion, j’essaye de me préparer mentalement à souffrir pendant 3 semaines. Pour faire passer la pilule, je pense à notre retour en Thaïlande où nous avons prévu 3 jours entiers de plongée et de farniente. Ça me calme un peu et me permet de mieux supporter les 45°

L’immigration vérifie nos visas, nous récupérons nos bagages et des kyats et trouvons facilement un taxi partagé pour nous emmener jusqu’au centre-ville de Mandalay. De là nous trouvons un autre taxi pour nous emmener à Pyin oo lwin, une petite ville dans la montagne où nous passerons 1 journée. Là-haut, il fait plus frais.

Nous faisons la route avec un enfant d’une dizaine d’année qui s’endormira rapidement contre mon épaule et un étudiant en informatique. L’université de Pyin oo Lwin est l’une des plus prestigieuses du pays en matière de nouvelles technologies. Le trajet dure 2 heures dans une voiture déglinguée avec un pilote au volant. On a un peu l’impression d’être de retour en inde. Pour prendre un virage, il suffit de tirer le frein à main. Pour passer, il suffit de klaxonner. Et pour rajouter un peu difficulté, on roule à droite avec un volant à droite lui aussi. Pourquoi s’emmerder ?

Nous arrivons à notre hôtel aux alentours de 16h. Notre chambre est splendide, une des plus belles que nous ayons eu depuis notre départ. En même temps c’est une des plus chères aussi (40$). Bienvenue en Birmanie. Petit inconvénient, l’hôtel se trouve à 5km du centre-ville. Le trajet nous a fatigué, nous décidons de rester ici. On visitera la ville demain.

Durant la soirée, nous faisons la connaissance de John. Nous dinons ensemble et partageons une bouteille de vin de fruit (fraise il me semble), produite ici. Pas fameuse, mais bon ça change de la bière. Ce canadien d’une soixantaine d’année, ancien champion du monde de parachutisme, nous parle de sa vie hors du commun à base de voyages et d’aventures incroyables. Ça nous fait rêver. Il a tout vu, tout vécu. Et pourtant, on ressent en lui une sorte de la mélancolie. Il semblerait que des milliers de souvenirs ne suffisent pas à combler la solitude d’une vie.