Buffalo Train

Buffalo Train

1er mars : 

Au nord-est de Pyin oo Lwin se trouve Hsipaw, une petite ville de l’état shan où la majorité des voyageurs se rendent pour faire des randonnées. Nous ne dérogeons pas à la règle et nous y rendons aujourd’hui aussi.

Pour y aller, nous optons pour le train. C’est plus long que le bus, mais c’est plus joli aussi.

Le train est censé partir à 8h. Je dis bien censé car ici on nous a prévenu que les trains ne sont jamais à l’heure. Nous arrivons quand même en avance à la gare pour avoir le temps d’acheter nos billets et parce qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. A 8h, le guichet n’est pas encore ouvert. A 8h30, le responsable arrive. A 9h nous obtenons enfin notre billet entièrement écrit à la main. A 10h le train arrive. A 10h30, on part.

Nous sommes dans le wagon upper class, celui des touristes, à l’écart des locaux. Dommage… On essayera de migrer durant le trajet. En même temps vu qu’on est malade, un peu de confort de bon matin, c’est bien aussi.

Un couple d’anglais ayant la cinquantaine s’installent à côté de nous. Mais leurs sièges ne leur conviennent pas. Ils ne sont pas assez droits. Ils vont se casser le dos. Ils demandent aux birmans de réparer ça. Mais c’est peine perdu. Les sièges sont affaissés parce qu’ils sont vieux, on ne peut rien y faire. Finalement, ils trouvent une combine en bloquant leurs bagages derrière. La femme est satisfaite. Mais ce qu’elle ne savait pas c’est qu’elle venait d’embarquer dans le train trampoline. A peine a-t-il démarré, que nous sautillons tous allégrement. Nous valdinguons de gauche à droite tous en rythme. Je ricane doucement en l’observant du coin de l’œil. Va-t-elle demander qu’on arrête le train pour réparer les rails ?

On avance lentement, très lentement. C’est normal c’est le buffalo train, comme l’appellent les locaux. Pas plus rapide qu’un buffle. Au moins on profite du paysage. On passe dans les villages. A travers les champs. Regarder par la fenêtre est un véritable spectacle. De toute façon, depuis que nous sommes en voyage, nous n’appréhendons plus les trajets de la même manière. En France, on allait d’un point A a un point B et le plus rapidement possible svp. Aujourd’hui, ça fait partie du voyage au même titre que n’importe quelle activité.

On s’arrête régulièrement dans différentes gares où des vendeurs ambulants nous proposent à manger : des chips, des fruits, des gâteaux mais aussi des carottes… Des gens sortent. Des gens montent. L’ambiance est bon enfant.

Voilà que nous arrivons au viaduct de Gok Teik, un pont construit par les british. Il est très vieux, il est très haut. Il est branlant et pas plus large que le train lui-même. D’un seul coup tout devient silencieux. Le train ralentit encore plus pour réduire au maximum les vibrations. Les portes du wagon sont ouvertes. Sous nos pieds, le vide. Sensations fortes garanties.

Quelques heures et puis, nous voilà enfin à Hsipaw. A notre guesthouse, nous retrouvons Sylvie et Andreas que nous avions rencontrés à Bangkok. On est contents de retrouver des têtes familières. Ça fait longtemps que ça ne nous est pas arrivé ! Du coup, on fête ça en prenant l’apéro et arrosons le tout au pastis et au whisky. Ce soir-là, nous avons bien dormi.