Marche à l'ombre

Marche à l’ombre

4 mars :

2ème jour de trek. On est réveillés par des pigeons qui se battent sur le toit de la maison. Même au bout du monde, on peut toujours compter sur eux pour nous faire chier.

Bon en même temps, il est temps de se lever, surtout si on veut profiter du spectacle. Le jour est en train de se lever. Tout le village s’affaire. Les enfants partent à l’école, les femmes aux champs. Eh oui, ici les rôles sont inversés : ce sont les hommes qui sont au foyer. Féministe comme je suis, l’idée devrait me séduire. Mais quand je vois la dureté des travaux qu’elles ont à accomplir et que pendant ce temps, leur époux boivent le thé avec leur copains, j’ai l’impression qu’elles se sont faites avoir.

La marche du jour est vraiment sympa. Les paysages sont très variés. On passe par des forêts de pins, des plantations de thé, de la jungle, de la plaine aride à la terre rouge. Sur le chemin, nous croisons des chevaux, des papillons mais aussi des gros vers qui parait-il sont délicieux à manger.

Puisqu’on parle de gastronomie, les repas qu’on nous sert sont eux aussi une découverte. Soupe de fleur de banane, salade de feuilles de banyan ou de moutarde fermentée. Ça semble bizarre comme ça, mais c’est pas mal du tout !

Ce soir, nous dormons dans un monastère avec de jeunes novices ayant entre 10 et 14 ans. Bien évidemment, notre couchage sera aussi, voir plus, rudimentaire que la veille et la douche spartiate. L’eau est glacée, ce qui rend la toilette plus difficile mais au moins ça tient les bières bien au frais.

La soirée se déroule autour du feu avec les moines. Ils nous apprennent des mots dans leur dialecte : etoile (lao), ciel (pa), oreille (minou), hi (bonne nuit). Jérôme les épate en leur faisant des tours de magie. Florent les impressionne lui aussi mais juste avec sa grande taille et tous ses poils. Ils le prennent pour un yéti.