Où es-tu ?

Où es-tu ?

15 mars :

C’est reparti pour une nouvelle journée de marche, mais pas avant que Sonya ne m’ait enduit le visage de thanaka, cette poudre jaune qui protége du soleil et blanchit la peau. Etre bronzé ici ce n’est pas glam. C’est pour cette raison qu’elle porte malgré la chaleur un pantalon et des manches longues. La beauté est liée à la blancheur de la peau, le statut social aussi. Quand on pense que chez nous des gens sont prêts à payer des fortunes pour avoir l’air bronzés… Etrange paradoxe n’est-ce pas ?

Sur le trajet, nous traversons plusieurs plantations de piments et nous nous arrêtons pour faire un brin de causette avec les villageoises. Elles nous demandent notre âge, si nous sommes mariés, si nous avons des enfants. Réponse négative des 2 côtés et stupéfaction de la part birmanes… Tu vois maman, y’a pas que toi qui trouve ça bizarre 😉

Petite pause déjeuner où on se régale de salade d’avocat, de soupe de nouilles, de mini crepes aux oeufs de caille, de mister freeze et ça repart.

Sur une colline se trouve un banyan, l’arbre sacré. Ses branches sont soutenues par des dizaines de tiges et autre brindilles. Nous avions vu ça aussi au parc du Pha Taem en Thaïlande sans comprendre pourquoi. Sonya nous explique que ce n’est pas pour soutenir la falaise ou l’arbre mais plutôt l’honorer. Un peu comme les offrandes au temple.

En chemin nous tombons sur un paysan entrain de labourer son champs. En tant que fille d’agriculteur, je connaissais la version charrue / tracteur mais pas la version ski nautique bovine : une planche en bois avec des pointes métalliques, tirée par un buffle. Contrairement à tous les sports de glisse le plus dur ici ce n’est pas l’équilibre mais de faire avancer la bestiole. Demandez donc à Olivier.

Les paysages sont de plus en plus beaux et notre arrivée est encore plus grandiose. Un peu comme un happy end à l’américaine. On nous a tout mis : les rizières vertes fluo, la terre rouge, les paysans qui rentrent des champs, les troupeaux de vaches avec des mignons petits veaux, les falaises millénaires et sauvages et le coucher de soleil sur les montagnes. Je suis émerveillée et ne cesse de répéter : c’est beau, que c’est beau, comme c’est beauuuuuu.

Ce soir, nous dormons chez un agriculteur qui a 3 filles. Ca me fait penser à ma famille, version birmane. Le père parle un peu français. Il sait dire “enchanté” et “où es-tu ?”. A cette question, nous lui répondons “Au paradis” bien sûr.