Mont Rinjani

Mont Rinjani

22 mai :

Je n’ai jamais été une grande randonneuse. Du coup, quand notre guide nous a parlé de 2000m de denivelé moi je n’ai pas tilté. Il aura pu me dire 4000m que pour moi ça aurait été pareil. D’autant plus que le Mont Rinjani, vu de notre hotel n’a pas l’air si haut que ça. Et puis si ma copine Julia l’a fait, il a pas de raison que je n’y arrive pas. Bon ok, elle m’a dit qu’elle en avait vraiment bavé mais bon, je suis sûre qu’elle a dramatisé.

NON

Pendant 7h durant, nous avons monté, monté et encore monté. Mais quand je vous parle de monter, je ne vous parle pas de pente douce hein. Mais bien d’un mur. Pentu, escarpé, glissant. D’abord dans la jungle puis ensuite dans la savane. Arrivé à la pause déjeuner, je suis vannée et regrette d’avoir signé. Pourtant il nous reste encore 1000m à grimper.

Pour me motiver, je décide d’écouter de la musique. Cascada fait effet un moment. Mais elle ne pourra rien faire contre la pluie. C’est tout ce qui nous manquait ça tient. Nous essayions de nous réfugier sous les arbres pour se protéger mais rien à faire, on continue à se faire mouiller. La seule solution c’est de continuer jusqu’au prochain refuge.

Arrivé au poste 3, je suis trempée en plus d’être au bout du rouleau. Et pourtant c’est loin d’être fini. Il nous reste encore 500m de denivelé pour atteindre le sommet. Cette fois c’est tellement escarpé que j’ai l’impression de faire de l’escalade. Mes jambes flageolent. Je suis fébrile. Je manque de tomber plusieurs fois sur les rochers.

C’est l’étape la plus dure, mais la plus jolie aussi et pourtant impossible de l’apprécier. Je suis comme dans un état second. A bout de force. Sans que je ne comprenne pourquoi je me mets à sangloter. Je chiale. Je pleure à chaude larmes. Je suis incapable de parler. J’ai du mal à reprendre ma respiration. J’ai des spasmes, des soubresauts. Bref, je suis en pleine crise de nerfs à seulement quelques mètres du campement.

Réconfortée par les garçons et surtout boostée par l’envie d’en finir une bonne fois pour toute, j’arrive à me calmer et terminer l’ascencion. Mais je suis si chamboulée, que je n’arriverai pas à m’extasier devant le magnifique point de vue, notre campement dans les nuages, le cratère, ni le lac si bleu et si profond… Tout ce que je veux c’est mettre des vêtements un peu secs ( notre recharge a été mouillé) et aller me coucher dans notre tente penchée.