Tsiribihina

Tsiribihina

18 juin : 

C’est parti pour 3 jours de pirogue sur la Tsiribihina.

Dans le port de fortune de Miandrivazo, il y a 10 types qui veulent mettre nos sacs dans notre embarcation. Ils se les passent chacun à leur tour. Ca fait du boulot pour tous mais surtout ça augmente les opportunités de pourboire. Conscients qu’il s’agit d’une coutume très ancrée chez les malgaches, mais trouvant la ficelle un peu grosse, nous leur donnons seulement 2000 ariarys soit l’équivalent d’1 euro. Ce qui n’est pas grand chose. Et on nous le dit clairement. Espèrant sûrement que de honte, nous fassions la multiplication des billets. Désolée les gars, mais sauf erreur de ma part, on ne vous a rien demandé. Les sacs vous les avez pris tout seul. D’ailleurs il me semble qu’on a payé une prestation globale non ? Donc si vous n’etes pas contents, allez voir notre guide.

Nous voilà dans la pirogue, Whooo c’est pas très stable. Je passe les 1ère minutes, crispée de peur de tomber à l’eau. Moi encore je m’en fiche. Mais on a avec nous toutes nos affaires. Notre ordinateur, notre appareil photo… Si c’est mouillé, c’est foutu. Je me détends après quelques instants. Ca a l’air de tenir la route cette affaire. Et puis la probabilité qu’on se retourne complètement est assez faible. Le niveau de l’eau est si bas que parfois on s’ensable.

Niveau confort par contre, on est au top. Nos sacs nous servent de dossier. Et pour accroitre le moelleux, on a installé nos matelas de tente sous nos fesses et notre dos. On est vraiment très bien. Idéal pour admirer le paysage, bouquiner ou piquer un petit roupillon.

Les abords de la rivière sont entourés de roseaux. Nous voyons beaucoup d’oiseaux : martin pecheurs, hérons, sarcelle, guepier, pie col blanc… Des caméleons aussi. Qui contrairement à ce que je pensais ne prennent pas forcément la couleur du support sur lequel il se trouve. Dommage !

A midi, nous nous arrêtons à proximité d’un village pour dejeuner. A notre arrivée, nous sommes assaillis par une nuée d’enfants qui nous hurlent des Salam. Et aussi des “vazaha bonbons”. Nous allons faire un tour dans leur village. La chaleur est accablante. Et le village dans le plus total dénuement. Il doit y avoir une dizaine de cases faites de terre et de bambou. Une femme sort de sa maison avec dans les bras, un nouveau né emmitouflé dans une couverture polaire. Elle a le visage couvert d’une pâte jaune qui sert aussi bien de maquillage que de protection solaire. Elle voudrait qu’on la prenne en photo. Pour se voir mais aussi j’imagine pour immortaliser le moment. Elle, la jeune mère et son enfant. Je regrette à ce moment de ne pas avoir de polaroid. J’aurai bien aimé pouvoir lui laisser le souvenir de ce moment. En partant, je remarque que les enfants ramassent les peaux de bananes que nous avons laissé derrière nous afin de sucer ce qu’il reste du fruit…

Le soir venu, nous établissons notre campement sur un banc de sable. 1er bivouac de ma vie. Et aussi 1ere fois que je monte une tente… Vous l’aurez compris pour ma 1ere expérience de camping j’ai sorti la grosse artillerie. Et les sanitaires sinon c’est par où ?