Palu, pas pris

Palu, pas pris

25 juin :

Ca va pas mieux. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. J’ai la tête à l’envers et 38,7°C. On s’inquiète. La fièvre, ça nous fait directement penser au palu. Nous appelons notre assurance. Elle n’a jamais entendu parlé de Morondava et ne peut pas nous recommander de médecin.

L’assurance : “Il faudrait revenir à Tananarivo. Vous êtes loin ?”.

Nous : “Juste à 21h de trajet…”

L’assurance :“Y’a pas d’aéroport sinon ?”.

Nous : “Si mais Air Madagascar n’opère pas tous les jours, en plus d’être sur liste noire. Sans compter qu’un billet d’avion coute 600 euros et que nous ne disposons pas de ce montant”.

L’assurance : “Bon ben dans ce cas, vous devez trouver un centre qui puisse vous faire un tester anti-palu.”

Dada, notre chauffeur connait un dispensaire. Il nous y emmène. Le medecin nous reçoit. Dans son bureau les moustiques tournoient. Si on est pas malade, en arrivant normalement on le sera en sortant. Il nous demande si on prend un traitement. On lui repond oui. De la doxycycline. “Ce n’est pas pour le palu ça” nous dit-il. “Mais si, c’est notre médecin a l’institut pasteur de paris qui nous l’a prescrit”. Il veut rien savoir. Pour lui, il n’existe que la malarone. Point barre.

2ème étape le diagnostic. Qu’il établit sur la base de ce que je lui dis. Pas de prise de température, ni de tension. Pas de langue sortie, ni de stethoscope. Il n’empêche qu’il est formel. Les symptomes ne trompent pas. J’ai le palu. “Vous préfèrez être traitée par injection ou par voie orale ?” “Ce que je préfère moi c’est faire un test avant”. Mais la responsable du laboratoire n’est pas encore là. C’est pas grave, on va l’attendre.

Le responsable arrive. Je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadée de voir un homme en blouse blanche débarquer. Non c’est une matronne typique de madagascar avec les macarons à la princesse leila et les chicots manquants qui m’entraine dans la sale salle d’examen.

Il y a de la poussière partout. Des toiles d’araignées. Un lit en fer forgé avec un matelas en mousse deglingué. Elle sort la boîte avec les tests. Se dirige vers un lavabo pour se laver les mains. Mais il n’y a plus rien à faire pour sauver ses ongles noirs. Heureusement il ne s’agit que de me prélèver une goutte de sang. En me piquant le doigt. En douce, je jette quand même un oeil sur la date de péremption des tests. Il sont toujours bons. Nous attendons. Pendant 5 longues minutes. Verdict : ce n’est pas ça ! Hourra.

C’est une gastro, comme je vous l’avais dis”, voilà ce que nous répondra le medecin à la vue des résultats. Quelle blague. Une petite ordonnance et c’est fini. Mais avant de partir n’oubliez pas de règler la consultation. Ca fera 40 euros svp. Pardon ???

Retour à l’hôtel. Je suis soulagée mais toujours en piteux état. Impossible de descendre dans le sud comme nous l’avions prévu la veille avec Raquel, Christophe et notre chauffeur Dada. On les laisse poursuivre leur route. Le coeur lourd, conscients que cet incident de parcours, nous coutera peut être la suite de notre voyage. Car nous n’avons pas les moyens de nous payer tous seuls les service d’un 4*4 unique moyen de rejoindre Belo-sur-Mer, notre prochaine étape.