Les Salines

Les Salines

1er juillet :

On se sent bien à Belo. Alors on décide de rester une journée de plus. Au grand dam de Gilbert et Thierry qui n’ont semble-t-il plus d’argent pour manger ou se loger. Grands seigneurs, on leur file un paquet de riz. Pour le poisson, ils savent pêcher (soit-disant). Pour le logement, ils ont leur superbe voile. Ca fera un très joli tipi.

Nous partons aujourd’hui visiter les Salines en compagnie de JP. A pied. Faute d’avoir trouvé quelqu’un qui puisse nous emmener. C’est à 8km de Belo. Ca reste raisonnable qu’on se dit. En avançant à 5km/h, on devrait y être en 1h30. Sauf que le chemin n’est que sable et/ou vase dans laquelle on s’enfonce gaiement. Transformant nos chaussures de marche en plateforme shoes à la Loana.

3h plus tard, on arrive enfin au village des Salines. Pile pour le déjeuner. Roger l’ami de Philippe devait nous faire à manger. Mais finalement pas. Il est assis à sa table, entrain de peler de l’ail et pas du tout au courant. C’est ballot parce que nous on a pas emmené de provisions.

Peut être qu’on s’est trompé de Roger. Il nous dit qu’il y en a une autre dans le village d’à côté. 3Km plus tard, on le trouve. Et il est aussi peu concerné. Mais il accepte finalement de nous vendre une sardine à 4000 ariary. Sachant qu’une boite de 3 en vaut 2000, je suis scandalisée. Je crie. On se braque. Dommage, c’était notre seule chance de manger… Il me semble que les garçons, m’en veulent un peu. Heureusement, on a repéré une épicerie dans le village précédent. On devrait y trouver des gateaux et de l’eau.

En attendant, on visite la forêt de baobabs bouteilles. Mouais, forêt c’est vite dit. Puis les salines. Le blanc du sel, le bleu du ciel, le rouge de la terre rendent le décor tout simplement sublime.

Mais pas le temps de s’attarder. Il est déjà 14h. Si on veut rentrer avant que la nuit tombe, il faut partir maintenant. C’est alors qu’un 4*4 s’arrête. Il va au port à boutres. Si ça nous intéresse, il peut nous avancer. Même pas le temps de finir sa phrase que je suis déjà dedans. Ca nous fera gagner 1h. Il en reste plus que 2.

On arrive à Belo en piètre état mais bien contents de notre journée. D’autant plus qu’à l’hôtel, Marie Odette, masseuse officielle nous attend. A 5 euros l’heure, on n’hésite pas. Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Histoire de se donner du courage pour le trajet de demain. En pirogue à voile encore une dernière fois. Rien que d’y penser, ça me donne envie de pleurer.