Araignée du matin

Araignée du matin

13 juillet :

Direction la gare routière pour acheter nos billets de bus pour Arusha, départ prévu demain.

En descendant du tuk tuk, je me rends compte que j’aurai du me changer avant de partir. Ma mini jupe attire tous les regards. Encore plus que le fait que je sois blanche. Enfermée dans notre bulle résidentielle, j’avais oublié que la Tanzanie est un pays musulman.

Ici aussi il y a des rabatteurs qui vous racontent tout et n’importe quoi pour que vous achetiez les billets de sa compagnie. Mais rien à voir avec l’intensité de Madagascar. On s’en débarasse rapidement et achetons nos billets avec Dar Express, la compagnie recommandée par notre guide.

On file ensuite faire un tour en ville. Le lonely planet propose un walking tour. Sans grand intérêt. On marche dans de vilaines rues. Sous une chaleur de plomb. Dar es Salaam n’est pas une jolie ville. Dans les rues, il y a beaucoup d’affiches d’Obama qui est venu récemment en Tanzanie. Des boutiques de chaussures à ciel ouvert. Quelques batiments de l’époque coloniale allemande. Des casiers à poulet où on trouve aussi des cochons d’inde. Un arbre flippant rempli d’énormes araignées. Et un marché ambulant en mode Mary Poppins où vous trouverez de tout : boissons, nourriture mais aussi globes terrestres, porte manteau, serviettes, drapeaux ou encore ballons de foot… Pratique pour faire passer le temps quand on est coincé dans un embouteillage. 

Le soir en rentrant, nous racontons à Paul notre mésaventure du matin. Avant de partir acheter notre billet de bus, nous avons fait un point budget. Il manque 110 000 schillings soit environ 50 euros dans mon portefeuille. Or je ne l’ai pas utilisé depuis que nous sommes arrivés. On compte, on recompte, on regarde partout, mais le doute n’est pas permis : on s’est fait voler chez Paul et Sarah…

Il tombe des nues. Son personnel travaille pour lui depuis 16 ans, il n’a jamais eu aucun problème. Mais il nous croit et convoque Jessie la gouvernante, la seule qui a accès à la maison et donc à notre chambre. Soit c’est elle qui a volé l’argent, soit elle sait qui l’a fait. Comme, elle ne sait rien, elle ne reviendra pas demain. Paul l’a licencié et nous on ne sait plus où se mettre.