Abismo Anhumas

27 août :

Youpi il fait soleil ! Direction Abismo Anhumas pour vivre une expérience unique, ouverte à seulement 18 personnes par jour. Nous serons 8 à tenter l’aventure aujourd’hui.

1ère étape : la descente en rappel. A l’entraînement, je devais vachement appuyer sur la molette pour me faire descendre. Là, je dois tirer sur le frein comme une malade pour limiter ma vitesse et rester au niveau de Florent. A 70 m du sol, je n’en mène pas large. D’autant plus que ma main me fait mal. Même si on m’a retiré mes points, ma blessure est loin d’être guérie. A l’arrivée, j’ai le bras complètement tétanisé. Et dire qu’il s’agissait de la partie la plus facile…

Arrivé sur la plateforme, nous enfilons nos tenues de plongée intégrale de 7 mm. Un minimum lorsqu’on plonge dans une eau à 15°. Mais même avec cet équipement, on a bien froid. La plongée ne durera d’ailleurs que 30 minutes pour ça.

Armés de nos lampes torches, on se lance. Il n’y a pas beaucoup de poissons ici, seulement des gris tous petits. On se demande d’ailleurs comment ils ont pu arriver là. Ce lac souterrain n’est relié à rien. Mais ce n’est pas pour ça qu’on est venu. Ici l’attraction principale c’est les stalactites, sorte d’énormes épis de maïs calcaires sous marin. Nous évoluons dans le noir, au milieu de ces gigantesques statues avec comme l’impression d’avoir basculé dans un autre monde. Seul le squelette d’un tapir calcifié nous rappelera qu’on est toujours bien sur Terre, mais sous l’eau, sous-terre.

Le temps de se réchauffer et on repart pour visiter la grotte en bateau. Quel spectacle ! La grotte ressemble à une cathédrale minérale oubliée depuis des milliers d’années. Elle a d’ailleurs été découverte il y a à peine un peu plus de 20 ans. La guide nous donne quelques explications, en portugais bien sûr. Encore une fois, on tombe des nues devant leurs piètres prestations linguistiques. Au prix qu’on paye, on s’attendait quand même à mieux à ce niveau là.

Midi déjà, c’est l’heure de partir. Il va falloir remonter les 70 m descendu précédemment. A la force de jambes et des bras. Heureusement, ils disposent d’un système plutôt bien foutu qui nous aide à remonter bien mieux que si on avait du utiliser une simple corde. Quoiqu’il en soit, c’est quand même vachement dur. Je n’arrête pas de faire des tours sur moi et d’entortiller ma corde “de vie” autour des jambes de Florent. En plus, mon harnais est trop serré à l’entrejambe et ma main me fait mal. Au bout de 30 m, je m’arrête. Avec comme une envie de pleurer. Je n’ai même pas fait la moitié du trajet et je suis vannée. Mais plus encore, je commence à paniquer à cause du vide. Notre guide essaye de me donner des conseils mais comme il parle portugais, je n’y comprend pas grand chose. Entre 2 phrases pourtant, je crois reconnaître : ” Veux-tu qu’on te remonte ?”. J’accepte.

Tel un vulgaire sac de patate, je me fais tracter. Ce n’est pas très glorieux mais au moins, je suis de retour à la surface. J’ai pourtant les larmes aux yeux. A cause d’un trop plein d’émotions sûrement mais aussi parce que je suis super déçue de ma prestation. L’honneur sera sauve cependant car Florent aura réussit lui, à remonter tout seul comme un grand. Bravo et chapeau bas ! Te voilà fin prêt pour rentrer chez les paras.