Route 40

Route 40

27 septembre : Au petit déjeuner nous faisons la connaissance de Gérard un français installé 6 mois de l’année en Argentine. Moniteur de ski nautique à Cordoba en été, il profite de son temps libre pour parcourir la route 40 en vélo, une route longue de 5100 km qui traverse l’Argentine de la frontière bolivienne jusqu’à l’extrême sud de la patagonie. Sa femme en voiture balai, sur un vélo de course pas toujours adapté à de la piste, il affronte la chaleur et l’altitude… Chapeau ! Impressionnés mais pas tentés, nous préférons continuer notre périple en auto. Enfin déjà faudrait-il qu’on arrive à quitter le village, car cela fait plus d’une demi heure que nous tournons en rond, sans trouver l’ombre d’une sortie. En désespoir de cause, nous demandons de l’aide à un homme du village, passablement éméché mais relativement bienveillant, il nous indiquera la bonne direction à grand renfort de postillons. La route d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’y hier même si elle sera tout aussi éblouissante. Le long d’une corniche, en suivant le lit d’une rivière pratiquement asséchée, nous croisons le chemin de troupeaux de chèvre, de maisons abandonnées et de champs d’un vert surréel au milieu de la poussière et de l’aridité. Pause à Seclantas, pour admirer l’église en bois de cactus et déguster le fameux volcan de queso de cabra servi à l’hacienda de Molinos. En plein déjeuner, nous ferons la connaissance de Marielle, Bruno et Luca, une famille originaire du sud de la France en vacances en Argentine. Couverts de poussière, ils recherchent désespérément une corde pour fermer le coffre de leur voiture qui les a laché… Au milieu d’une mini tornade, nous continuons notre trajet et récupérons en chemin, Maria. Les bras chargés de lourds parquets, cela fait près de 2h qu’elle marche pour rentrer chez elle. Normalement, c’est son chef qui la ramène mais cette fois-ci il ne pouvait pas. Comme il n’y a pas de transport en commun ici, elle n’avait pas 36 solutions. Si elle voulait rentrer, il fallait faire le trajet à pied. Un adios à Maria et un hola à Juan, un nouvel autostoppeur que nous récupérons à la sortie du village de Angastaco, oasis perdue au milieu de nulle part. C’est l’instituteur du village, qui va retrouver sa famille à Salta pour le week end. Il nous confie que parfois, il attend plus de 2h avant de trouver quelqu’un qui accepte de le prendre. Sachant que Salta, se trouve à 5h de là, ça fait un long trajet pour rentrer chez soi. Reconnaissant que nous l’ayons pris, il s’improvise guide touristique et nous parle de son pays. Il en profite aussi pour nous raconter certaines légendes du coin qui me font penser au mythe de la dame blanche. Ambiance, ambiance !!! Il nous propose aussi ses services de photographe, mettant un point d’honneur à immortaliser le moment où nous surplomberons la Quebrada de las Flechas, d’incroyables montagnes de sables sculptées des années durant par le vent et la pluie. Nos chemins se sépareront à Cafayate, notre étape du soir, renommée pour son Torrontes, le porte-étendard des vins blancs argentins mais aussi pour sa casa de las empanadas, qui propose plus de 12 sortes de chaussons. Notre préféré ? L’empanada Carnaval au fromage de chèvre, tomate et basilic !